Monique LE GALL

(1934-2020)

Extraits des hommages et témoignages lors de ses obsèques le 17 mars 2020

 

 

 

 

 

 

 

 

Sa vie :

Monique naît le 05 août 1934 à LOCUNOLE (Finistère), de parents chrétiens, commerçants, dans une famille de 4 enfants. Elle est baptisée quelques jours plus tard, le 12 août. Un parcours scolaire classique : Ecole primaire à Locunolé, certificat d’études en 1948, puis en pension au Faouët jusqu’en 1951, année où elle obtient le Brevet élémentaire.

Son  passage par le scoutisme contribue à conforter ses dispositions naturelles à aller de l’avant, à être généreuse, selon la prière attribuée à Ignace de Loyola, qu’elle a dû chanter plus d’une fois et qui la caractérise bien :

 

Seigneur Jésus apprenez-nous à être généreux

A vous servir comme vous le méritez

A donner sans compter

A combattre sans souci des blessures

A travailler sans chercher le repos

A nous dépenser sans attendre d’autre récompense que celle de savoir

Que nous faisons votre sainte Volonté.

 

Son désir de devenir religieuse chez les Filles de Jésus de Kermaria se précise.

Monique entre au Postulat le 1er octobre 1953, elle a 19 ans. Elle effectue ensuite ses deux années de noviciat du 11 mai 1954 au 12 mai 1956, date à laquelle elle fait sa profession temporaire. Le noviciat est pour elle un temps d’approfondissement de sa foi et de recherche de l’essentiel de la vie religieuse.   Elle laissera facilement tomber les petites pratiques accessoires et inutiles…

 Elle fera sa profession perpétuelle le 24 août 1961.

Commence alors pour Monique une vie active comme enseignante.

Pendant 5 ans, de 1956 à 1963, elle travaillera dans l’enseignement primaire, en charge d’une classe de CP, puis d’une classe de CM-fin d’études.

En 1963, Monique commence un parcours de deux ans d’études pédagogiques à Paris dans le Centre  que dirige le Père Faure, jésuite. C’est pour elle l’enthousiasme de la découverte de « l’enseignement personnalisé ». Elle a trouvé sa voie !

Suite à cette période de formation, Monique est envoyée à Quimper à l’école primaire Sainte Thérèse où elle peut mettre en application l’enseignement de ses maîtres, Maria Montessori, Hélène Lubienska de Lenval  et surtout  Père Faure.

De  1970 à 1974, elle est conseillère pédagogique dans le Finistère.

A partir de 1974, elle revient sur Paris où elle rejoint l’AIRAP comme responsable et animatrice et collaboratrice du Père Faure.

On lui demande de prendre la direction d’écoles catholiques en difficulté à Asnières, puis à Neuilly.

En 1986, elle accepte de prendre la direction de l’école Bossuet à Paris. Mais elle pose ses conditions…  Elle a des exigences concernant l’application des règles de fonctionnement de l’enseignement individualisé et communautaire ; elle ne transige pas ! Sa mission : faire que les enfants arrivent à être autonomes. « Chaque enfant est unique, l’apprentissage se fait au rythme de chacun, l’enseignement est personnalisé ». « Apprend-moi à faire seul ! »

Monique a fait partie de plusieurs communautés Filles de Jésus en région parisienne. Attachée à sa Congrégation, mais aussi, indépendante ! Des circonstances particulières l’amènent  à vivre seule. Monique : « passionnée et rebelle », comme elle le disait elle-même, fidèle en amitié, généreuse, très curieuse de tout, d’une grande liberté d’esprit, d’une intelligence concrète, rapide.

Monique a toujours eu un besoin d’approfondir sa foi. Elle n’a pas fait d’études théologiques… La fréquentation de la communauté du Val Martel l’a beaucoup aidée, elle aimait la prière liturgique, elle y a trouvé le sens de l’Eglise. Son bonheur a été de découvrir la Bible.

Ses dernières paroles, à ses amis, aux sœurs de sa communauté, « J’ai eu beaucoup de chance », «  je suis heureuse », « je n’ai pas peur de la mort »…

(Texte de la Congrégation des Filles de Jésus de Kermaria)

SES ACTIONS DE FORMATION

Témoignage d'une institutrice :

Chère Monique,

 

Merci pour tout ce que vous nous avez appris, pour l’exemple que vous nous avez montré.

 

Institutrice en maternelle, j’ai eu la chance de vous avoir pour directrice à l’école Bossuet pendant 12 ans.

 

Votre passion pour la pédagogie personnalisée et communautaire, votre compétence, votre détermination, votre feu et votre ténacité nous embarquaient tous - les enseignants - à toujours nous remettre en cause et progresser.

 

Vous étiez au service de tous, complètement donnée.

Vous manifestiez une préoccupation permanente dès que l’épanouissement d’un enfant était compromis. Vous avez sorti du naufrage scolaire des quantités d’enfants à l’école, puis par des cours particuliers donnés chez vous, ou au centre Ozanam et aux orphelins apprentis d’Auteuil, quel que soit leur milieu social. Combien en avez-vous sauvés ! Grâce au respect, à la confiance, à l’amour, au temps que vous leur donniez.

 

Vous nous avez dit souvent : « enseigner, c’est résister ! » ; La tâche étant souvent ardue, vous êtes restée très forte dans les combats nombreux. Ferme

 

 

dans vos positions, vous étiez claire et vraie, sachant

dire les choses qui n’allaient pas.

 

En tant qu’enseignante, je me suis sentie accueillie, écoutée, reconnue, parfois  corrigée, réconfortée et comprise. Lorsqu’une difficulté arrivait, on prenait le temps d’en parler en toute humilité et de chercher ensemble une solution.

 

Merci pour toutes vos fiches de travail qui sont un véritable trésor et cadeau précieux pour les enseignants : simples et claires, concrètes, précises et parfaitement adaptées. Quel bel outil qui restera à jamais !

 

Vous avez semé dans les cœurs les graines de la connaissance et le désir d’apprendre. Vous avez appris aux enfants le devoir d’ordre et d’organisation, la tolérance, le respect d’eux même et des autres, et bien sûr la soif de Dieu.

 

Merci Monique pour votre foi, votre élan et pour la joie que nous avions de prier ensemble, cette grâce que Dieu vous a donnée dans l’accomplissement de votre mission : faire grandir les enfants et tout votre entourage. Merci d’avoir été un témoin vivant

(Hommage de Martine Boëls, Institutrice à l'école Bossuet)

 

HOMMAGE D'UN AMI DE LONGUE DATE

 

Il y a déjà près de 60 ans que date ma première rencontre avec Monique. Notre amitié a été constante tout au long de ces années et nous avons partagé bien des moments d’enthousiasme, de joie, parfois aussi de peine. Nous avions bien des points communs et une même volonté. Elle, la Bretonne, et moi le Lorrain, aussi têtus l’un que l’autre, nous étions faits pour nous entendre !

Je pourrais évoquer de nombreux souvenirs de nos relations professionnelles et amicales.  Mais  je voudrais surtout rappeler notre passion commune : la pédagogie personnalisée et communautaire.

Monique avait découvert cette pédagogie lors de sa formation d’enseignante au Centre de Formation Pédagogique du Père Faure. Pour elle, sa Foi et son engagement religieux s’accordaient parfaitement avec les objectifs et les pratiques de la pédagogie personnalisée. Aussi, elle n’a jamais cessé de vivre et de promouvoir cette pédagogie tout au long de sa carrière et de sa retraite et même jusqu’à ces tout derniers jours.

Nous avons ensemble ou séparément animé puis dirigé de nombreuses sessions pédagogiques un peu partout en France, puis en outre-mer, à la Réunion, et dans des pays étrangers, au Canada et au Mexique. A cette époque, il n’était pas rare que nos sessions réunissent 3 à 400 participants. Monique a fait ainsi découvrir la pédagogie personnalisée à plusieurs milliers d’enseignants.

En 1970, les animateurs de sessions au niveau du secondaire décidèrent de créer une association pour pérenniser l’œuvre du Père Faure. Par l’intermédiaire de Monique, des contacts furent pris avec les animateurs des sessions de maternelle et du primaire qui se montrèrent enthousiastes et qui décidèrent immédiatement de nous rejoindre.  Ce fut la naissance de l’AIRAP.

Monique a été la conseillère pédagogique de cette association et la directrice de sa revue pendant de nombreuses années. Elle faisait preuve d’un très grand dynamisme et de réelles capacités pour faire passer ses messages. Son sens du relationnel était exceptionnel. Elle savait en chacun repérer ce qu’il y avait de plus profond et de plus original. Elle savait toujours trouver la goutte d’huile sans laquelle rien n’aurait fonctionné.

 Monique était particulièrement compétente en matière de didactique en éducation sensorielle, en apprentissage de la lecture, en français et en mathématiques. Elle connaissait à la perfection les instruments de travail qui peuvent permettre à chaque enfant d’apprendre et de travailler à son rythme. Ses fortes convictions et ses pratiques rigoureuses, elle les puisait dans l’observation des enfants, de leurs besoins et de leurs réactions.

Loin d’être sectaire, elle était à l’affût de toutes les découvertes en matière de pédagogie. Elle savait cependant bien discerner ce qui était une mode forcément passagère et ce qui pouvait répondre réellement aux objectifs d’une personnalisation de l’enseignement.

 

Parallèlement à ses activités de formation, elle a été Directrice d’une école à Asnières puis de l’école Bossuet à Paris. C’est avec beaucoup de fermeté et de dévouement qu’elle a exercé ses fonctions tant auprès des enfants, que de leurs parents et des enseignants. Lorsqu’elle a pris sa retraite, elle a été élevée, et elle le méritait bien, à la dignité de Chevalier de la Légion d’honneur, distinction rare chez les enseignants.

 

En 2015, elle a fondé avec Etienne Petit et Jean-Marie Diem l'Association Louis Beaulieu. Elle en a été la Directrice. Un moment très important pour elle et pour l'Association fut l'organisation d'un colloque en mars 2019 à l'institut Catholique de Paris sur le thème : "De Maria Montessori à Pierre Faure, convergences et différences".

 

Elle nous a quittés sans avoir pu réaliser deux rêves qui lui tenaient beaucoup à cœur : la création d’une école d’application et la rédaction d’un livre de didactique d’enseignement personnalisé. Il nous reviendra de tout faire pour réaliser ses vœux.

                                                              

                                                               Jean-Marie Diem

 

 

 

 

 

TEMOIGNAGES DU MEXIQUE

 

Monique Le Gall s’est rendue au Mexique pendant plusieurs étés pour animer des sessions de formation d’enseignants. Voici quelques témoignages qui montrent l’importance de son action hors de France  :

 

-  De Maria Conception, Présidente d'AIRAP Amérique Latine :

"Nous sommes sûrs qu’elle demeurera  très présente et active dans notre mémoire et dans notre action.  Ses enseignements et son témoignage continueront d’inspirer chaque jour notre engagement au service d’une Education Personnalisée et Communautaire dans l'esprit de Pierre Faure ."

 

 -  De Olga, Directrice de l'Instituto America de Léon  :

"Aujourd’hui, il y a un an, nous nous rendions à Paris pour le colloque « De Maria Montessori à Pierre Faure » organisé par l’Association Louis Beaulieu et pour rencontrer Monique LE GALL, grande amie et inspiratrice de l’éducation personnalisée. Aujourd’hui je regrette son départ, mais elle est déjà en présence de Dieu, avec Pierre Faure S. J. et Ana Maria Audic. Qu’elle reçoive de notre part les salutations affectueuses de l’Airap d’Amérique Latine, de l’Instituto America  ainsi que les miennes.

Nous continuerons avec vous pour travailler ensemble dans cet héritage commun  hérité de Pierre Faure, Anne Marie Audic et maintenant Monique :  « La tâche d’éduquer avec un vrai sens personnalisé et communautaire, capable de transformer le monde ». (Olga)

  

- De Norma, Directrice de l’Instituto Pierre Faure de Guadalajara :

« Cher amis de l'Association Louis Beaulieu, nous recevons avec une grande tristesse la nouvelle du départ de notre très chère Monique. Elle va manquer au monde de la pédagogie. Mais nous avons  la certitude qu'elle est entrée pleinement dans la Maison de notre Père Dieu. »

 

 

QUELQUES TEMOIGNAGES DE FRANCE  :

Avec le Père Faure, Monique a découvert très tôt la pédagogie personnalisée et  a compris ce qu’elle pouvait apporter aux enfants et aux jeunes. En femme passionnée,elle en a fait le combat de sa vie. Et quels que soient les limites et les revers, jusqu’au dernier jour elle a cherché au sein de notre association Louis Beaulieu, les moyens qui permettraient d’offrir aux enfants et aux jeunes, le chemin   d’un  développement propre à chacun.

 

Cette pédagogie de la personne qu'elle a longuement expérimentée, comment la transmettre pour que ce trésor puisse servir au plus grand nombre ? Comment faire pour qu’elle ne disparaisse pas avec nous ? Ces questions la préoccupaient ; elles expliquent le travail qu'elle a lu réaliser  pour la formation des enseignants. Plusieurs d’entre eux qui participent à la formation des cadres  ont exprimé ce qu’ils avaient dans le cœur et je veux en faire un bouquet d’hommages que nous partageons en pensant à elle:

 

« Nous nous retrouverons mardi, le cœur lourd malgré toute la sérénité que Monique nous a montrée durant ces derniers jours sur la terre. Cette sérénité et grande paix, je les ressens comme des legs qu’elle nous a faits et je les reçois comme des cadeaux pour vivre le présent ».

 

« Depuis hier, je suis bouleversée, envahie par le chagrin.  Quelle chance nous avons eue de croiser le chemin de Monique ! Cette rencontre, il y a dix ans, a été pour moi une révélation dans mon parcours personnel et professionnel. Ces dernières années, Monique était animée par le désir de transmettre, particulièrement à notre petite équipe qui lui était si chère. Elle va terriblement nous manquer, elle sera toujours à nos côtés. »

 

« Je m’unis à vos prières qui accompagneront Monique vers son chemin de paix, de repos. »

 

«J’ai beaucoup de peine car j’avais beaucoup de respect, d’admiration et d’affection pour Monique ».

 

« Je viens de prendre connaissance du décès de sœur Monique Le Gall, je suis bouleversée. J'ai connu Monique à travers notre passion commune pour l'enseignement personnalisé et communautaire, j'ai dirigé l'école des Hautes-Alpes qui avait mis en place cette pédagogie. Je serai en union de prière avec vous. »

 

« Monique m’avait accueillie avec gentillesse et simplicité dans l’association. Je garderai son sourire en mémoire. Je la porte dans mon cœur et dans mes prières ».

 

Voici la réaction de deux  formateurs qui  ont rejoint l’association Louis Beaulieu depuis peu de temps, elle montre à quel point tu avais vu juste dans le lien fort que tu souhaitais avec ces nouveaux partenaires : 

 

«  J’ai connu Monique récemment. J’ai apprécié à la fois son caractère volontaire qu’elle pouvait manifester et son regard lumineux qui traduisait  toute sa passion pour l’éducation et le respect de chaque enfant. J’ai senti son profond  désir d’offrir à chacun de devenir une belle personne, capable de faire preuve d’une réelle intelligence  qui puise ses racines dans l’Amour du prochain et de Dieu lui-même. Je suis persuadé que la flamme qui l’animait n’est pas morte. Au contraire, elle va continuer à briller au travers de vous et de tous ceux dont elle était si proche. »

 

« C’est pour moi une grande tristesse de voir cette grande figure de la pédagogie personnalisée et communautaire nous quitter. Je sais que c’est  à elle et à Sœur Floscel que je dois la découverte puis la compréhension  de cette pédagogie. La pédagogie Personnalisée et Communautaire lui doit beaucoup… nous continuerons à faire ce qu’il faut pour faire vivre cette pédagogie en souvenir de ses concepteurs et pour le bien des enfants. »

 

Enseignante, directrice, conseillère pédagogique, formatrice tu étais viscéralement attachée à l’Enseignement catholique et à l’éducation chrétienne  des jeunes. Voici ce que nous écrit le Secrétariat Général :

 

« Savoir que jusqu’au bout Monique est restée active et engagée permet de garder le visage de sa détermination et de sa force au service de ce qui l’animait. Que son voyage la mène vers la Lumière et l’Amour du Père qu’elle cherchait à transmettre aux petits d’hommes. »

 

« Je sais tout ce que Monique a apporté à la pédagogie du Père Faure. Et je  me réjouis du fait que vous continuerez avec votre association à la faire connaître. »

 

" Je n'avais pas revu Monique depuis plusieurs années, je garde le souvenir d'une pédagogue soucieuse à la fois d'appliquer une méthode avec rigueur et en même temps éducatrice dans l'âme; une  disciple de Pierre Faure, une forte personnalité, de celles qui ont marqué l'histoire de l'Enseignement catholique. »

 

 Et je voudrais terminer cet hommage par le slogan  qu'elle s'appliquait facilement et qui la décrivait bien ; nous le porterons nous aussi : « combattu souvent, battu parfois, abattu jamais ». Nous gardons une forte espérance et, avec la grâce qui est la sienne aujourd’hui, nous te prions de nous aider à poursuivre la mission. 

       

                                                                                                                                                                              Étienne Petit

                                                                                                                                                   Président de l’Association Louis Beaulieu